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14-18 Des affiches et des hommes

14-18 Des affiches et des hommes


L'entrée en guerre

L'entrée en guerre

Dans les Landes, si les hommes sont incorporés majoritairement dans l’Armée de terre, quelques-uns rejoignent cependant la Marine, qui est appelée à jouer un rôle croissant dans la guerre : contrôle des routes maritimes et expéditions (par exemple à Salon

En 1914, les grandes puissances européennes forment deux alliances militaires :

  • la Triple-Alliance : Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie ;
  • la Triple-Entente : France, Royaume-Uni et Russie.

L’Allemagne veut étendre sa domination sur l’Europe centrale. La Russie veut imposer l’hégémonie slave jusqu’à l’Adriatique. La France veut recouvrer les « provinces perdues » (Alsace et Lorraine) et prendre sa revanche après la défaite de 1870. Le Royaume-Uni veut contrer les visées expansionnistes de l’Allemagne en Europe.

Le 28 juin 1914, l’assassinat à Sarajevo de l’héritier de l’Empire austro-hongrois par un serbe déclenche par le mécanisme des alliances la première guerre mondiale.

Le dimanche 2 août 1914, est placardé dans toutes les communes françaises l’ordre de mobilisation générale. La France mobilise tous les hommes valides de 20 à 48 ans, environ.

L’année 1914 est celle de la « guerre de mouvement ». Ce sont cinq mois d’efforts physiques exténuants, souvent sans sommeil sous les feux de l’artillerie et des mitrailleuses et aussi ceux des pertes les plus lourdes de la guerre. A l’ouest, les Allemands envahissent la Belgique et le nord de la France. Ils sont arrêtés à la bataille de la Marne, en septembre 1914, puis jusqu’en décembre, c’est la « course à la mer » : le front s’étire de la frontière suisse jusqu’à la mer du Nord sur plus de 700 kilomètres.

En 1915, la guerre s’enlise : elle sera longue. Un immense « terrier » à ciel ouvert étend ses tranchées parallèles sur des centaines de kilomètres.

Les soldats des deux camps s’installent face à face, séparés par un no man’s land, où sont installés des obstacles mortels en tout genre : pieux, fi ls de fer barbelés, pièges...

L’équipement est adapté à cette guerre : dès le mois d’avril 1915, le pantalon rouge garance du fantassin est remplacé par une tenue bleu horizon et le képi par un casque en acier.

Les grenades, les mitrailleuses, les canons et mortiers de tout calibre deviennent les armes essentielles du combat. Dès 1915, les Allemands expérimentent les gaz qui ajoutent une nouvelle horreur à la guerre.

Pour le « poilu », à une vie quotidienne difficile (alimentation parfois insuffi sante, pluie, froid, boue, rats, poux…), et aux épidémies s’ajoute l’atrocité des combats.

Dans la zone du front, l’afflux des blessés est tel que l’on choisit de soigner prioritairement ceux qui pourront repartir au combat.

A l’arrière, dans les hôpitaux de campagne, des chirurgiens débordés opèrent en continu. Mutilés et « gueules cassées » se comptent par milliers. Les femmes et les vieillards, restés seuls avec les enfants, se battent quotidiennement pour la vie, dans la douleur de la séparation ou du deuil.

Les populations civiles participent à l’effort de guerre : fermes, usines et ateliers travaillent pour les besoins de l’armée.

  • Zoom sur...Sont partis de Mont-de-Marsan en août 1914 :
    - 3400 hommes du 34ème Régiment d’infanterie (appelés de 20 ans) ;
    - 2500 hommes du 234ème RI (réservistes) ;
    - 3400 hommes du 141ème RIT (territoriaux).
    Soit 9300 hommes.
Au cours de la guerre, les moyens de transport sont réquisitionnés selon les dispositions arrêtées après la guerre de 1870 et maintenues après 1918, comme le montre cette affiche. La traction animale prédomine pour la logistique et, parmi les véhicules d'"Circulation des haricots et des pommes-de-terre" - arrêté préfectoral - 9 octobre 1918. Mont-de-Marsan - Dupeyron - 56 x 38.5 cm. AD 40 - RS 725Tableau ... des objets recueillis sur les corps des militaires qui n'ont pu être identifiés jusqu'à ce jour et qui reposent dans des tombes individuelles exactement repérées ". Ministère des Pensions. Paris - s.d. - 52 x 80 cm. AD 40 - 4 AFFI 156

La guerre totale

La guerre totale

Les pigeons jouent un rôle essentiel pour les transmissions à longue distance : le message est inséré dans un petit tube attaché à la patte et le pigeon revient à son pigeonnier. Le plus célèbre est le dernier pigeon envoyé par le commandant Raynal avant

En 1916, pour en finir avec cette guerre qui s’enlise, l’Allemagne veut « saigner à blanc » l’armée française : c’est Verdun, citadelle entourée d’une ceinture de forts.

Le 21 février, après un effroyable bombardement, les Allemands attaquent et prennent en quatre jours le fort de Douaumont. Le fort de Vaux tombe à son tour le 6 juin ; les autres forts résistent mais les assauts lancés pour reprendre Douaumont n’aboutissent qu’après plusieurs échecs sanglants.

A tour de rôle, presque tous les régiments de l’armée française passent dans la fournaise de Verdun, qui devient le symbole de la résistance à l’invasion, puis des horreurs de la Grande Guerre. Simultanément, pour desserrer l’étau, les troupes francobritanniques livrent à l’ouest en vain la bataille de la Somme.

En 1917, le front est revenu sur les positions initiales et c’est au tour des Français d’imaginer qu’ils vont pouvoir « obtenir la rupture », d’autant que les Etats-Unis sont entrés en guerre. Le 16 avril, sur le Chemin des Dames est lancée une offensive française qui doit obtenir la décision en quarante-huit heures. La bataille dure des semaines, sans la moindre avancée signifi cative, malgré le sacrifi ce de nombreux régiments, notamment dans le secteur de Craonne.

Pour le pays, le prix payé est énorme et l’on craint qu’il ne devienne intolérable. On assiste à quelques mouvements de soldats qui demandent à ne pas être considérés comme de la « chair à canon ».

L’absence des deux tiers des hommes entraîne des mutations dans la société et désorganise l’économie. La structure familiale ainsi que l’effort de production reposent entièrement sur les femmes et les « vieux ».

En 1918, la « paix séparée » conclue par la Russie laisse à l’Allemagne toutes ses forces pour attaquer en France. Le 21 mars, est déclenchée une offensive qui, en deux mois, amène les Allemands à quelques kilomètres de Paris. Le 18 juillet, à partir de la Marne, les Alliés lancent une série de contre attaques qui mènent à la victoire. Le 11 novembre 1918, quand l’Armistice est signé, la ligne de front n’a quasiment pas dépassé les frontières de 1871.

Cet ultime sursaut a mis à l’épreuve le moral du pays que la Nation s’efforce d’entretenir par tous les moyens. A la fi n de l’année 1918, la France est à bout de forces et ses hommes restent sous les armes pour plusieurs mois encore.

  • Zoom sur...Parmi les Landais du 34ème RI à Verdun, devant Douaumont, se trouve un jeune artiste, Marcel Canguillem ; il est blessé au bas droit, soigné par l’aumônier, l’abbé Bordes, et renvoyé à la caserne Bosquet. Une fois rétabli, il repart à la guerre dans l’armée d’Orient où, de nouveau blessé, il perd défi nitivement son bras droit et continue à dessiner et sculpter sous le nom de Cel le Gaucher.
« Concert spirituel offert par Francis Planté, le mardi 3 juillet 1917 en l’église de la Madeleine de Mont-de- Marsan, au profit du convoi landais d’ambulances automobiles ». Mont-de-Marsan, Dupeyron, 126 x 86 cm. AD 40, 68 J 59« On ne passe pas ! 1914-1918 ». Maurice Neumont. Union des grandes associations françaises contre la propagande ennemie. Paris, Devambez, 1918, 115,5 x 80,5 cm. AD 40, entrée 2663 En 1918, devant l’échec de son offensive de printemps et voyant le succès

Le prix payé

Le prix payé

« Journée des régions libérées. Que votre aide à nos frères malheureux soit généreuse». Théophile Steinlen. Paris - Lapina - 1919 - 118.5 x 79.5 cm. AD 40 - 2 AFFI 6-a Journée des régions libérées  La guerre s’est entièrement déroulée sur le territoire fr

En 1919, les armées françaises ont avancé jusqu'à la frontière d'avant 1870. Les hommes restent mobilisés pour imposer à l'Allemagne, en pleine décomposition politique, les conditions de la paix. Le premier traité de paix est signé, avec l'Allemagne, à Versailles, le 28 juin 1919 ; le dernier est signé le 12 novembre 1920 avec l'Empire ottoman.

Pour le pays, le prix payé pour cette " victoire " est colossal.

En France, le conflit a fait 1 390 000 morts, à raison de 1000 morts par jour en moyenne, 800 000 veuves, 1 000 000 d'orphelins et 3 500 000 blessés. 50 % des instituteurs, 80 % des séminaristes, 346 normaliens supérieurs, 893 polytechniciens, 576 écrivains ont disparu dans la tourmente. Pour le pays, depuis longtemps en dénatalité, le défi cit humain s'accroît dramatiquement et la population vieillit.

Les combats se sont entièrement déroulés sur le territoire français : sur plus de 700 kilomètres de front et sur une largeur de plusieurs dizaines de kilomètres, les villes et villages sont détruits, les usines inutilisables, les terres polluées par les projectiles en tout genre. Pour sa reconstruction, la France compte sur le tribut à verser par l'Allemagne, les " réparations " ; c'est une source potentielle de rancoeurs et de tensions.

A l'issue du conflit, la France est entrée dans le XXème siècle et une nouvelle société est apparue. Le brassage humain occasionné par la guerre génère parfois la remise en cause des rapports sociaux traditionnellement établis ; à leur retour, certains hommes contestent l'ordre social séculaire, en particulier la relation entre propriétaires terriens et exploitants. Des femmes qui ont souvent assumé seules le fonctionnement de la famille et de l'économie, aspirent désormais à jouer un rôle dans la Nation. La guerre, en développant l'appareil industriel du pays, a aussi accéléré le transfert de la puissance financière d'une oligarchie rurale vers la bourgeoisie industrielle.

Le traumatisme moral est profond et durable. Le 23 janvier 1920, les restes d'un soldat " inconnu " sont déposés à Paris, sous l'Arc de Triomphe. Partout, jusqu'au plus petit village, des monuments aux morts sont érigés pour conserver la mémoire du confl it.

« Journée Nationale des Tuberculeux Anciens Militaires ». Levy Dhurmer. Paris, Devambez, 1917, 83 x 114 cm. AD 40, entrée 2663« Préparation de la jeunesse française au service militaire. Classe 1920 à notre tour ». William Malherbe. Ministère de la Guerre. Paris, Devambez, 1918, 120 x 80 cm. AD 40, entrée 2501 Dès 1918, alors que la France a été « saignée à blanc », l’incitation

Les emprunts

Les emprunts

« Pour la France versez votre or. L'or combat pour la Victoire ». Abel Faivre. Paris - Devambez - 1915- 112.5 x 78 cm. AD 40 - 2 AFFI 8 Pour la France versez votre or  Pour les emprunts, plus qu’ailleurs, l’allégorie domine. En une scène dramatique, le co

La longueur de la guerre, que l’on avait prévue très brève, pose très vite le problème de son financement.

En juillet 1914, la situation financière de la France est diffi cile. Pour ne pas indisposer les classes moyennes et les rentiers, le gouvernement préfère augmenter les impôts indirects et non les impôts directs. L’impôt sur le revenu, voté en juillet 1914 mais levé seulement à partir du 1er janvier 1916, ne rapporte qu’un milliard de francs-or, alors que le budget de 1913 est environ de cinq milliards et que la guerre en coûte trente-huit en moyenne par an. Si l’on y ajoute le refus de trop employer la « planche à billets », génératrice d’inflation, on comprend que l’emprunt est le nerf de la guerre. Les principaux contributeurs visés sont les paysans, attachés à leur « bas de laine », épargne improductive. Le décret du 13 septembre 1914 crée les « bons de la Défense nationale » remboursables sur 3, 6, ou 12 mois et rapportant un intérêt de 5 %, payable à l’avance.

Dès l’année 1915, la guerre est totale et toutes les ressources sont mobilisées, humaines, matérielles et fi nancières. Le 13 février, pour faire face aux dépenses militaires croissantes, des « obligations de la Défense nationale » sont émises.

L’Etat lance quatre grands emprunts, un chaque année entre 1915 et 1918, pour financer cet effort de guerre sans précédent. L’affi che devient le vecteur de propagande le plus effi cace pour mobiliser les coeurs et les moyens fi nanciers en faisant appel à l’esprit patriotique. En 1915, afin d’enrayer l’érosion des réserves en or qui menace d’atteindre la crédibilité du franc, une « campagne de l’or » est lancée. Elle permet de compenser les ventes de métal précieux qu’a faites la Banque de France.

Les 2e et 3e emprunts (1916 et 1917) ne rapportent, chacun, que 10 milliards, preuve, sans doute, que la coupure entre la société de l’arrière et le front est réelle. Au terme d’un intense effort de propagande, l’emprunt de la Libération, en 1918, rapporte 22 milliards. Mais, après la guerre le prix à payer pour faire face à l’endettement abyssal du pays est très lourd et pèse sur l’avenir.

  • Zoom sur...Le Médecin major Defoug, médecin chef du 34e RI écrit à son épouse le 23 octobre 1914 depuis le front : "Tu peux prendre des bons du Trésor pour 1500 francs. L'Etat a besoin d'argent, il est du devoir de ceux qui en ont de disponible de le lui prêter."
3e emprunt de la Défense Nationale, « Souscrivez pour hâter la Paix par la Victoire ». Albert Besnard. Paris, Maquet, 1917, 80 x 114 cm. AD 40, RS 721 Dans une interprétation textuelle du slogan de l’affiche, une victoire guerrière reconnaissable à ses ai« On les aura », 2e emprunt de la Défense Nationale, « Souscrivez ». Abel Faivre. Paris, Devambez, 1916, 112 x 80 cm. AD 40, 2 AFFI 10 La célèbre affiche d’Abel Faivre donne à ce soldat une posture qui rappelle des compositions célèbres : « La Liberté gui« L’emprunt de la libération ». Abel Faivre. Paris, Maquet, [1918], 80,5 x 114,5 cm. AD 40, 2 AFFI 31 Les nations victorieuses, symbolisées par leurs drapeaux, au premier rang desquels on reconnaît ceux de l’Italie, du Royaume-Uni, de la France, de la Bel« L’emprunt de la Paix ». Lebasque. Paris, Maquet, 1920, 114 x 80 cm. AD 40, entrée 2663 Au premier plan, une mère de famille avec ses enfants dans un cadre fleuri, au second plan des images de restauration économique et de reconstruction, évoquent l’aven

L'entrée en guerre

L'entrée en guerre

Ordre de mobilisation générale 2 août 1914. Paris Imprimerie nationale- 92 x 73 cm  AD 40 - entrée 2663 Ordre de mobilisation générale  Instituée par la loi de 1905, la conscription fait reposer la défense de la France sur tous les hommes valides de

En 1914, les grandes puissances européennes forment deux alliances militaires :

  • la Triple-Alliance : Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie ;
  • la Triple-Entente : France, Royaume-Uni et Russie.

L’Allemagne veut étendre sa domination sur l’Europe centrale. La Russie veut imposer l’hégémonie slave jusqu’à l’Adriatique. La France veut recouvrer les « provinces perdues » (Alsace et Lorraine) et prendre sa revanche après la défaite de 1870. Le Royaume-Uni veut contrer les visées expansionnistes de l’Allemagne en Europe.

Le 28 juin 1914, l’assassinat à Sarajevo de l’héritier de l’Empire austro-hongrois par un serbe déclenche par le mécanisme des alliances la première guerre mondiale.

Le dimanche 2 août 1914, est placardé dans toutes les communes françaises l’ordre de mobilisation générale. La France mobilise tous les hommes valides de 20 à 48 ans, environ.

L’année 1914 est celle de la « guerre de mouvement ». Ce sont cinq mois d’efforts physiques exténuants, souvent sans sommeil sous les feux de l’artillerie et des mitrailleuses et aussi ceux des pertes les plus lourdes de la guerre. A l’ouest, les Allemands envahissent la Belgique et le nord de la France. Ils sont arrêtés à la bataille de la Marne, en septembre 1914, puis jusqu’en décembre, c’est la « course à la mer » : le front s’étire de la frontière suisse jusqu’à la mer du Nord sur plus de 700 kilomètres.

En 1915, la guerre s’enlise : elle sera longue. Un immense « terrier » à ciel ouvert étend ses tranchées parallèles sur des centaines de kilomètres.

Les soldats des deux camps s’installent face à face, séparés par un no man’s land, où sont installés des obstacles mortels en tout genre : pieux, fi ls de fer barbelés, pièges...

L’équipement est adapté à cette guerre : dès le mois d’avril 1915, le pantalon rouge garance du fantassin est remplacé par une tenue bleu horizon et le képi par un casque en acier.

Les grenades, les mitrailleuses, les canons et mortiers de tout calibre deviennent les armes essentielles du combat. Dès 1915, les Allemands expérimentent les gaz qui ajoutent une nouvelle horreur à la guerre.

Pour le « poilu », à une vie quotidienne difficile (alimentation parfois insuffi sante, pluie, froid, boue, rats, poux…), et aux épidémies s’ajoute l’atrocité des combats.

Dans la zone du front, l’afflux des blessés est tel que l’on choisit de soigner prioritairement ceux qui pourront repartir au combat.

A l’arrière, dans les hôpitaux de campagne, des chirurgiens débordés opèrent en continu. Mutilés et « gueules cassées » se comptent par milliers. Les femmes et les vieillards, restés seuls avec les enfants, se battent quotidiennement pour la vie, dans la douleur de la séparation ou du deuil.

Les populations civiles participent à l’effort de guerre : fermes, usines et ateliers travaillent pour les besoins de l’armée.

  • Zoom sur...Sont partis de Mont-de-Marsan en août 1914 :
    - 3400 hommes du 34ème Régiment d’infanterie (appelés de 20 ans) ;
    - 2500 hommes du 234ème RI (réservistes) ;
    - 3400 hommes du 141ème RIT (territoriaux).
    Soit 9300 hommes.
Dans les Landes, si les hommes sont incorporés majoritairement dans l’Armée de terre, quelques-uns rejoignent cependant la Marine, qui est appelée à jouer un rôle croissant dans la guerre : contrôle des routes maritimes et expéditions (par exemple à SalonAu cours de la guerre, les moyens de transport sont réquisitionnés selon les dispositions arrêtées après la guerre de 1870 et maintenues après 1918, comme le montre cette affiche. La traction animale prédomine pour la logistique et, parmi les véhicules d'"Circulation des haricots et des pommes-de-terre" - arrêté préfectoral - 9 octobre 1918. Mont-de-Marsan - Dupeyron - 56 x 38.5 cm. AD 40 - RS 725Tableau ... des objets recueillis sur les corps des militaires qui n'ont pu être identifiés jusqu'à ce jour et qui reposent dans des tombes individuelles exactement repérées ". Ministère des Pensions. Paris - s.d. - 52 x 80 cm. AD 40 - 4 AFFI 156

La guerre totale - Copie

La guerre totale - Copie

Les pigeons jouent un rôle essentiel pour les transmissions à longue distance : le message est inséré dans un petit tube attaché à la patte et le pigeon revient à son pigeonnier. Le plus célèbre est le dernier pigeon envoyé par le commandant Raynal avant

En 1916, pour en finir avec cette guerre qui s’enlise, l’Allemagne veut « saigner à blanc » l’armée française : c’est Verdun, citadelle entourée d’une ceinture de forts.

Le 21 février, après un effroyable bombardement, les Allemands attaquent et prennent en quatre jours le fort de Douaumont. Le fort de Vaux tombe à son tour le 6 juin ; les autres forts résistent mais les assauts lancés pour reprendre Douaumont n’aboutissent qu’après plusieurs échecs sanglants.

A tour de rôle, presque tous les régiments de l’armée française passent dans la fournaise de Verdun, qui devient le symbole de la résistance à l’invasion, puis des horreurs de la Grande Guerre. Simultanément, pour desserrer l’étau, les troupes francobritanniques livrent à l’ouest en vain la bataille de la Somme.

En 1917, le front est revenu sur les positions initiales et c’est au tour des Français d’imaginer qu’ils vont pouvoir « obtenir la rupture », d’autant que les Etats-Unis sont entrés en guerre. Le 16 avril, sur le Chemin des Dames est lancée une offensive française qui doit obtenir la décision en quarante-huit heures. La bataille dure des semaines, sans la moindre avancée signifi cative, malgré le sacrifi ce de nombreux régiments, notamment dans le secteur de Craonne.

Pour le pays, le prix payé est énorme et l’on craint qu’il ne devienne intolérable. On assiste à quelques mouvements de soldats qui demandent à ne pas être considérés comme de la « chair à canon ».

L’absence des deux tiers des hommes entraîne des mutations dans la société et désorganise l’économie. La structure familiale ainsi que l’effort de production reposent entièrement sur les femmes et les « vieux ».

En 1918, la « paix séparée » conclue par la Russie laisse à l’Allemagne toutes ses forces pour attaquer en France. Le 21 mars, est déclenchée une offensive qui, en deux mois, amène les Allemands à quelques kilomètres de Paris. Le 18 juillet, à partir de la Marne, les Alliés lancent une série de contre attaques qui mènent à la victoire. Le 11 novembre 1918, quand l’Armistice est signé, la ligne de front n’a quasiment pas dépassé les frontières de 1871.

Cet ultime sursaut a mis à l’épreuve le moral du pays que la Nation s’efforce d’entretenir par tous les moyens. A la fi n de l’année 1918, la France est à bout de forces et ses hommes restent sous les armes pour plusieurs mois encore.

  • Zoom sur...Parmi les Landais du 34ème RI à Verdun, devant Douaumont, se trouve un jeune artiste, Marcel Canguillem ; il est blessé au bas droit, soigné par l’aumônier, l’abbé Bordes, et renvoyé à la caserne Bosquet. Une fois rétabli, il repart à la guerre dans l’armée d’Orient où, de nouveau blessé, il perd défi nitivement son bras droit et continue à dessiner et sculpter sous le nom de Cel le Gaucher.
« Concert spirituel offert par Francis Planté, le mardi 3 juillet 1917 en l’église de la Madeleine de Mont-de- Marsan, au profit du convoi landais d’ambulances automobiles ». Mont-de-Marsan, Dupeyron, 126 x 86 cm. AD 40, 68 J 59« On ne passe pas ! 1914-1918 ». Maurice Neumont. Union des grandes associations françaises contre la propagande ennemie. Paris, Devambez, 1918, 115,5 x 80,5 cm. AD 40, entrée 2663 En 1918, devant l’échec de son offensive de printemps et voyant le succès

Le prix payé - Copie

Le prix payé - Copie

« Journée Nationale des Tuberculeux Anciens Militaires ». Levy Dhurmer. Paris, Devambez, 1917, 83 x 114 cm. AD 40, entrée 2663

En 1919, les armées françaises ont avancé jusqu'à la frontière d'avant 1870. Les hommes restent mobilisés pour imposer à l'Allemagne, en pleine décomposition politique, les conditions de la paix. Le premier traité de paix est signé, avec l'Allemagne, à Versailles, le 28 juin 1919 ; le dernier est signé le 12 novembre 1920 avec l'Empire ottoman.

Pour le pays, le prix payé pour cette " victoire " est colossal.

En France, le conflit a fait 1 390 000 morts, à raison de 1000 morts par jour en moyenne, 800 000 veuves, 1 000 000 d'orphelins et 3 500 000 blessés. 50 % des instituteurs, 80 % des séminaristes, 346 normaliens supérieurs, 893 polytechniciens, 576 écrivains ont disparu dans la tourmente. Pour le pays, depuis longtemps en dénatalité, le défi cit humain s'accroît dramatiquement et la population vieillit.

Les combats se sont entièrement déroulés sur le territoire français : sur plus de 700 kilomètres de front et sur une largeur de plusieurs dizaines de kilomètres, les villes et villages sont détruits, les usines inutilisables, les terres polluées par les projectiles en tout genre. Pour sa reconstruction, la France compte sur le tribut à verser par l'Allemagne, les " réparations " ; c'est une source potentielle de rancoeurs et de tensions.

A l'issue du conflit, la France est entrée dans le XXème siècle et une nouvelle société est apparue. Le brassage humain occasionné par la guerre génère parfois la remise en cause des rapports sociaux traditionnellement établis ; à leur retour, certains hommes contestent l'ordre social séculaire, en particulier la relation entre propriétaires terriens et exploitants. Des femmes qui ont souvent assumé seules le fonctionnement de la famille et de l'économie, aspirent désormais à jouer un rôle dans la Nation. La guerre, en développant l'appareil industriel du pays, a aussi accéléré le transfert de la puissance financière d'une oligarchie rurale vers la bourgeoisie industrielle.

Le traumatisme moral est profond et durable. Le 23 janvier 1920, les restes d'un soldat " inconnu " sont déposés à Paris, sous l'Arc de Triomphe. Partout, jusqu'au plus petit village, des monuments aux morts sont érigés pour conserver la mémoire du confl it.

« Préparation de la jeunesse française au service militaire. Classe 1920 à notre tour ». William Malherbe. Ministère de la Guerre. Paris, Devambez, 1918, 120 x 80 cm. AD 40, entrée 2501 Dès 1918, alors que la France a été « saignée à blanc », l’incitation

Les emprunts - Copie

Les emprunts - Copie

« Pour la France versez votre or. L'or combat pour la Victoire ». Abel Faivre. Paris - Devambez - 1915- 112.5 x 78 cm. AD 40 - 2 AFFI 8 Pour la France versez votre or  Pour les emprunts, plus qu’ailleurs, l’allégorie domine. En une scène dramatique, le co

La longueur de la guerre, que l’on avait prévue très brève, pose très vite le problème de son financement.

En juillet 1914, la situation financière de la France est diffi cile. Pour ne pas indisposer les classes moyennes et les rentiers, le gouvernement préfère augmenter les impôts indirects et non les impôts directs. L’impôt sur le revenu, voté en juillet 1914 mais levé seulement à partir du 1er janvier 1916, ne rapporte qu’un milliard de francs-or, alors que le budget de 1913 est environ de cinq milliards et que la guerre en coûte trente-huit en moyenne par an. Si l’on y ajoute le refus de trop employer la « planche à billets », génératrice d’inflation, on comprend que l’emprunt est le nerf de la guerre. Les principaux contributeurs visés sont les paysans, attachés à leur « bas de laine », épargne improductive. Le décret du 13 septembre 1914 crée les « bons de la Défense nationale » remboursables sur 3, 6, ou 12 mois et rapportant un intérêt de 5 %, payable à l’avance.

Dès l’année 1915, la guerre est totale et toutes les ressources sont mobilisées, humaines, matérielles et fi nancières. Le 13 février, pour faire face aux dépenses militaires croissantes, des « obligations de la Défense nationale » sont émises.

L’Etat lance quatre grands emprunts, un chaque année entre 1915 et 1918, pour financer cet effort de guerre sans précédent. L’affi che devient le vecteur de propagande le plus effi cace pour mobiliser les coeurs et les moyens fi nanciers en faisant appel à l’esprit patriotique. En 1915, afin d’enrayer l’érosion des réserves en or qui menace d’atteindre la crédibilité du franc, une « campagne de l’or » est lancée. Elle permet de compenser les ventes de métal précieux qu’a faites la Banque de France.

Les 2e et 3e emprunts (1916 et 1917) ne rapportent, chacun, que 10 milliards, preuve, sans doute, que la coupure entre la société de l’arrière et le front est réelle. Au terme d’un intense effort de propagande, l’emprunt de la Libération, en 1918, rapporte 22 milliards. Mais, après la guerre le prix à payer pour faire face à l’endettement abyssal du pays est très lourd et pèse sur l’avenir.

  • Zoom sur...Le Médecin major Defoug, médecin chef du 34e RI écrit à son épouse le 23 octobre 1914 depuis le front : "Tu peux prendre des bons du Trésor pour 1500 francs. L'Etat a besoin d'argent, il est du devoir de ceux qui en ont de disponible de le lui prêter."
3e emprunt de la Défense Nationale, « Souscrivez pour hâter la Paix par la Victoire ». Albert Besnard. Paris, Maquet, 1917, 80 x 114 cm. AD 40, RS 721 Dans une interprétation textuelle du slogan de l’affiche, une victoire guerrière reconnaissable à ses ai« On les aura », 2e emprunt de la Défense Nationale, « Souscrivez ». Abel Faivre. Paris, Devambez, 1916, 112 x 80 cm. AD 40, 2 AFFI 10 La célèbre affiche d’Abel Faivre donne à ce soldat une posture qui rappelle des compositions célèbres : « La Liberté gui« L’emprunt de la libération ». Abel Faivre. Paris, Maquet, [1918], 80,5 x 114,5 cm. AD 40, 2 AFFI 31 Les nations victorieuses, symbolisées par leurs drapeaux, au premier rang desquels on reconnaît ceux de l’Italie, du Royaume-Uni, de la France, de la Bel« L’emprunt de la Paix ». Lebasque. Paris, Maquet, 1920, 114 x 80 cm. AD 40, entrée 2663 Au premier plan, une mère de famille avec ses enfants dans un cadre fleuri, au second plan des images de restauration économique et de reconstruction, évoquent l’aven